Au quotidien
La position de la langue et la place des dents

Une force discrète, mais permanente
Les dents ne sont pas scellées dans l’os : elles se déplacent, lentement, sous l’effet des forces qui s’exercent sur elles. C’est tout le principe d’un traitement orthodontique. C’est aussi ce qui se passe, sans qu’on le veuille, avec la langue.
La langue est un muscle puissant. Au repos, sa pointe devrait se placer contre le palais, juste en arrière des incisives du haut, lèvres fermées et dents proches. Dans cette position, elle soutient le palais de l’intérieur et laisse les dents tranquilles.
Quand elle se place ailleurs, entre les dents, contre les incisives ou tombée au fond de la bouche, elle appuie là où il ne faudrait pas. Quelques grammes de pression, mais des heures par jour.
La déglutition, mille fois par jour
À cela s’ajoute la déglutition. On avale sa salive plus d’un millier de fois par jour, sans y penser.
Dans une déglutition mature, la langue prend appui sur le palais, les dents se touchent et les lèvres restent au repos. Dans une déglutition atypique, la langue vient au contraire s’interposer entre les arcades et pousser sur les dents de devant, souvent avec une contraction visible des lèvres et du menton.
Répété mille fois par jour, ce geste peut creuser un espace entre les dents du haut et du bas, faire basculer les incisives vers l’avant, ou empêcher une béance de se refermer.
Comment le repérer chez son enfant
Quelques observations simples, à faire sans le prévenir, au calme :
- Au repos, devant la télévision : sa bouche est-elle fermée ? Voit-on la pointe de la langue entre les dents ?
- Quand il avale une gorgée d’eau : son menton se plisse-t-il ? Ses lèvres se serrent-elles fort ?
- Parle-t-il avec la langue entre les dents, notamment sur les « s » et les « t » ?
- A-t-il du mal à décoller la langue du plancher de la bouche, ou à la sortir loin ? Un frein de langue trop court peut l’en empêcher.
Pourquoi c’est important avant, pendant et après un traitement
Un traitement orthodontique déplace les dents. Il ne change pas, à lui seul, la façon dont la langue se comporte.
Si la poussée linguale persiste après le traitement, elle continue d’appuyer sur des dents qui viennent d’être déplacées, et le résultat peut bouger. Corriger la fonction fait donc partie du traitement : c’est souvent ce qui permet au résultat de tenir dans le temps.
La rééducation, en pratique
Elle repose sur des exercices courts et répétés, prescrits au cas par cas : apprendre à poser la pointe de la langue contre le palais et à l’y maintenir, s’entraîner à avaler dans cette position, assouplir le frein de la langue, tonifier les lèvres pour qu’elles se ferment sans effort. Un appareil amovible accompagne souvent ce travail en guidant la langue vers sa place.
Certaines situations demandent en plus l’intervention d’un orthophoniste : c’est un travail d’équipe, décidé après le bilan.
Au cabinet
Le bilan fonctionnel réalisé par le Dr Marx examine la position de la langue au repos, la déglutition, le frein de la langue et la fermeture des lèvres, puis détermine les exercices à mettre en place.
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